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L’évolution des principales politiques de coopération françaises de 1996 à 2006

Par Annie Thériault

Dès ses premiers balbutiements, la politique française de coopération s’est résolument vouée à la préservation d’un rôle prépondérant dans ses anciennes colonies : ce « pré carré africain » communément désigné la « Françafrique ». Cet attachement, de nature à la fois historique, culturel, économique et militaire, juxtaposé à la spécificité d’un modèle de coopération à la française administré par de nombreux ministères ayant des cultures, des objectifs et des intérêts divergents, a suscité, tant auprès du Comité d’aide au développement (CAD) que des institutions financières internationales (IFI), de nombreuses critiques. De ce fait, notre première hypothèse suppose que la diversité des foyers de décisions ainsi que le décalage pouvant exister entre l’énoncé de la politique française de coopération et sa mise en pratique ont contribué, d’une certaine façon, à éloigner la France des nouvelles pratiques des grands bailleurs de fonds, tels que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, agissant, principalement, sous l’égide des recommandations du CAD.

Par ailleurs, considérant que la politique de coopération française se situe dans un multilatéralisme aux contours flous, se caractérise par un décalage entre le discours et la pratique et que la France s’est posée en défaveur d’une intervention en Irak, notre seconde hypothèse est la suivante : les interventions françaises liées à la sécurité demeurent modestes et leur impact négligeable. À cet effet, contrairement à la doctrine très influente au Royaume-Uni et aux États-Unis selon laquelle « il n’y a pas de sécurité sans développement, ni développement sans sécurité » , les questions de sécurité demeurent peu présentes dans le discours français en matière de coopération. Ainsi, nous supposons que la France refuse toujours d’ouvrir la « boîte de Pandore » d’une trop large intégration des dépenses liées à la sécurité aux aides admissibles à la comptabilisation de l’aide publique au développement (APD) par le CAD.

Néanmoins, considérant que la France s’est dotée d’un plan national de lutte contre le terrorisme, qu’elle a une histoire de coopération militaire avec l’Afrique et, notamment, que suite aux allégements de dettes ayant été convenus, il apparaît peu probable que celle-ci puisse maintenir ses contributions et atteindre le 0,7% prévu pour 2012, notre dernière hypothèse est la suivante : la sécurité pourrait prendre de plus en plus de place dans le discours français de coopération et par conséquent la comptabilisation des dépenses liées à la sécurité dans l’APD pourrait devenir nécessaire.

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